1.11.1 Chapeau, lunettes, gourde et protège-nez
Le vol thermique de durée est exigeant pour la peau et les yeux ; le soleil brûle, surtout en montagne, sortez couvert :
- Un chapeau à longue visière.
- De bonnes lunettes Ă verres teintĂ©s anti-uv et volez essentiellement soleil dans le dos.Â
- Le protège-nez n’est pas un gadget inspirĂ© de FantĂ´mas, l’arrĂŞte nazale est trop exposĂ©e pour ne pas ĂŞtre protĂ©gĂ©e.
-  Une gourde à la ceinture est bien agréable, le soleil conjugué au vent dessèche.
- Un pliant Ă portĂ©e de main pour le vol sĂ©dentaire.Â
- Avec des temps de vol cumulĂ©s dĂ©passant l’heure les cervicales souffrent en plaine : volez de prĂ©fĂ©rence devant vous sans lever la tĂŞte au-dessus d’un angle de 70° et exceptionnellement plus haut, un collier cervical en mousse repose le cou s’il ne fait pas trop chaud.
1.11.2 Les phases de vol
Une programmation minutieuse de 3 phases sur un inter suffit pour adapter les débattements différentiels de gouvernes aux calage de courbure et obtenir un comportement homogène suivant le vent, la trajectoire du planeur, le rayon de spirale, la qualité de l’air, l’éloignement et le ressenti. (voir réglages)
- phase transition, profil lisse (aussi appelée « phase normale » :
- Transition contre un vent de moins de 10km/h.
- Recherche de thermique et centrage : l’environnement du thermique est turbulent le planeur doit ĂŞtre vif, il sera plus maniable, nĂ©cessitera moins de dĂ©battements et traĂ®nera moins qu’avec un profil creusĂ©.Â
- À faible inclinaison ce sera la phase utilisée car les profils de durée sont suffisamment porteur à moins de 20°.
- phase spirale, profil cambrĂ© pour spiraler Ă plus de 30 ° d’inclinaison.
- phase vitesse, courbure négative pour transiter face au vent.
snap-flap et volets dynamiquesÂ
- Le mixage snap-flap est dĂ©brayable, je ne l’utilise que dans le vent et la turbulence.
- les volets dynamiques peuvent ĂŞtre programmĂ©s sur chaque phase de vol pour adapter instantanĂ©ment la courbure aux changements de portance avant de changer de phase.Â
1.11.3 La télémétrie
C’est un confort pour des vols de longue durĂ©e.
Utilisez un Ă©metteur ergonomique avec tĂ©lĂ©mĂ©trie native : il faut pouvoir l’interroger Ă volontĂ© en mode vocal et en aveugle Ă partir d’un ou deux interrupteur 3 positions, programmer des alarme pour connaĂ®tre en vol la portĂ©e de la radio, la tension des accus et l’altitude.
Evitez les boites ajoutée sur les émetteurs comme la « telemetry box » futaba dont la manipulation est mal pensée.
- L’alti-variomètre : pour les puristes il inhibe le ressenti. L’opinion des compĂ©titeurs est dictĂ©e par un règlement, c’est normal mais loin de ces considĂ©rations on peut faire comme les cigognes et buses qui ont un vario intĂ©grĂ©, et bien d’autres capteurs encore… et un moteur.
Cependant si le vario ne remplacera jamais le bon vieux ressenti la doctrine ne doit pas prendre le pas sur le rĂ©alisme. Pour arriver Ă rivaliser avec les oiseaux une utilisation bien pensĂ©e est une « aide au ressenti », il permet de centrer le thermique plus rapidement quand la position du planeur rend l’observation difficile. (Ă©loignement, vol au-dessus de la tĂŞte)
Il faut apprendre Ă l’interprĂ©ter non pas aveuglĂ©ment mais en complĂ©ment des autres indices qui construisent le ressenti et Ă s’en passer dès qu’il devient inutile.
Ne programmez que les informations essentielles :Â Â Â Â tension d’accu, signal, vario.
Son utilisation est souple:Â
- Compensé par une buse TEK il indique la Vz sans tenir compte des coups de manche involontaires.
- Non compensĂ© il est moins prĂ©cis et demande un pilotage propre car chaque coup de manche brouille l’information. Dans cette configuration il rapporte alors les approximations de pilotage : glissade,
- variations d’assiette, dĂ©tecte le moindre coup de manche abusif et remplace un peu ce que le brin de laine indiquerait en vol dĂ©rapĂ©.Â
Un vario moderne permet aussi de choisir les informations transmises (altitude, température, taux de chute ou de montée), un mode silencieux, mode bip, mode alti, informations choisies à la demande ou à intervalle régulier.
- Tenir compte d’un temps de retard d’ 1/4 de tour de spirale pour une inclinaison de 30°, et plus dans en spirale serrĂ©e ; je le coupe dans les thermiques Ă©troits, le temps de rĂ©ponse trop long peut faire perdre un tour de recentrage.
- Dès que l’information devient inutile il est bon de couper le  »bip » et d’interroger Ă volontĂ© uniquement l’altimètre ou le taux de montĂ©e et aussi le consulter en transition pour mieux adapter la vitesse Ă la Vz.
Cela permet aussi de mieux progresser en corrélant ce qu’on voit (ou ce qu’on croit voir !) et ce qui est mesuré objectivement.
RS
- Le signal radio : toujours rassurant de l’interroger la portĂ©e radio Ă distance et en cross de vĂ©rifier si le passage du pilote derrière un obstacle altère le signal, par exemple en traversant une haie. L’antenne des emetteurs 2.4 est basse, en volant au raz d’une pente derrière un champ de blĂ© le signal est « grignotté ».
- La tension de l’accu : pour éviter la panne pendant des vols qui dépassent allègrement l’heure de vol, ou pour entamer en sécurité avec accu en partie déchargé.
- Je n’ai pas de GPS pour connaĂ®tre l’Ă©loignement et la position du planeur : c’est cependant utile pour retrouver un planeur perdu.
- Et le fil de laine Ă©lectronique ? En vol Ă vue ce serait intĂ©ressant car le vol dĂ©rapĂ© est la principale maladie du pilotage, Je serais curieux de connaĂ®tre sa position en spirale comme en ligne droite car sa position rĂ©vèle la qualitĂ© du pilotage. Un Ă©lectronicien peut le monter en bidouillant un accĂ©lĂ©romètre, et les gyroscopes que je me refuse encore d’utiliser en assistance au pilotage pourraient-ils avoir une « fonction Bille » ?Â
1.11.4 La météo en climat méditerranéen
Sur les Coussouls de la Crau provençale.
Évoluer Ă la source des thermiques dans un petit pĂ©rimètre permet de voler souvent et par tous les temps. Il ne faut pas attendre les conditions idĂ©ales (1013 millibars/20°/70 % d’hygromĂ©trie/sans vent) ; toutes les mĂ©tĂ©o sont bonnes Ă prendre tant qu’il ne pleut pas et que le vent est pilotable.
Chaque aérologie apporte ses plaisirs et c’est dans la difficulté que se forge le ressenti, tenir l’air devient un challenge captivant et on y rencontre parfois des situations étonnantes.
On peut se faire une idĂ©e de la qualitĂ© de l’air en lisant le bulletin mĂ©tĂ©o (vent , qualitĂ© de l’ensoleillement , humiditĂ© de l’air et pression atmosphĂ©rique) pour choisir le site de vol et prĂ©voir un vol local ou ambulant.
Voila Ă quoi on peut s’attendre avec un vent de 0 Ă 20 km/h.
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- Pression moyenne : autour de 1013 mb est toujours très favorable au cross car les thermiques seront gĂ©nĂ©reux et les dĂ©clenchements rapprochĂ©s, l’humiditĂ© de la masse d’air sera un plus.
- Un taux d’hygrométrie de 70 à 80 % améliore l’instabilité : du temps pour un parcours de cross ++++
- Humide et chaud : orageux, grosses pompes, belles dĂ©gueulantes, vol a voile ++++ mais risque d’orage.
Un air sec sera beaucoup moins favorable. - Au printemps c’est au moment où la brise inverse le vent que la convection est la plus favorable.
Le rĂ©gime de brise s’inverse entre 11 et 13H et croit jusqu’à …16h puis faiblit et laisse place Ă la restitution le soir ; la pĂ©riode de vol s’étale entre 10h et 18h, Ă une tempĂ©rature agrĂ©able. - En hiver par vent <Ă 10km/h l’aĂ©rologie est parfois surprenante avec des bulles larges et des descendances faibles entre 14 et 16h.
- Haute pression (>1025 mb), grand bleu pas de vent.
- L’été : air sec (moins de 50 %) , 35°, les bulles se désagrègent bas, leur fréquence est faible : vol du matin à moins de 30° avec un lancer main dans la pouponnière à bulle ; après-midi il fait trop chaud et vol de courte durée.
- Mi-saison, hygrométrie <70%, température douce 15 à 20° : la convection même faible dure toute la journée, intéressant.
- L’hiver, hygrométrie <60%, température basse 10°, petites bulles étroites ou le planeur peut juste se maintenir, descendances douces. Entre 16 et 17h l’air est neutre : parfait pour régler un planeur.
- Basse pression :
Le vent fort et le faible ensoleillement rendent le vol difficile : convection faible, bulles couchées, étroites  et mal organisées difficiles à exploiter.
Quelques exemples
- Une petite pluie la veille d’un jour ensoleillĂ©, sur un sol bien drainĂ©, donne une idĂ©e de l’humiditĂ© potentiellement restituĂ©e par la vĂ©gĂ©tation dans la couche de contact, c’est souvent bon : printemps, pression atmosphĂ©rique moyenne 1012 Ă 1017 mb, humiditĂ© de l’air 75%, tempĂ©rature 20°, ciel clair dĂ©gagĂ©, petits cumulus de beau temps, vent 5 Ă 10 km/h, brise thermique : thermiques rapprochĂ©s. Temps idĂ©al pour le cross.
- Haute pression d’Ă©tĂ© avec  »marais anticyclonique » 30°, air sec.
Entre 8 h et 11 h pas de vent, avant la grosse chaleur l’activitĂ© thermique est exploitable près du sol, entre 50 et 100 m un lancer-main fera l’affaire ! Après il fait trop chaud au soleil et Ă 14 h la convection s’arrĂŞte, les entrĂ©es de brise de mer forment en altitude un bouclier qui lessive les thermiques. - Hiver : 10°, pas de vent ni de brise, 1015 mb, 60% d’humiditĂ© ciel dĂ©gagĂ© : les petit thermiques plafonnent autour de 100 m et sont Ă©loignĂ©s : il faudra faire le plafond pour partir en cross, qu’importe si ça  »vache »…mĂŞme si c’est plutĂ´t du temps pour rester en local près du sandow.
- Basse pression d’hiver, 10°, ciel couvert, air humide, plafond d’altostratus bas, fort taux de nĂ©bulositĂ©, peu de transfert de chaleur entre sol et couche de contact et très peu de convection : Ă 20 km/h de vent la masse d’air humide dĂ©collĂ©e par les obstacles peut gĂ©nèrer une ondelette de relief 1000m sous le vent d’une colline.
- Haute pression d’hiver en janvier : 1031mb, entre 13h30 et 15 h : 11°, vent 5km/h, taux d’humidité 70 à 55 %
Quelques faibles variations de brise.
Sur une vaste zone de maquis déclenchements sporadiques de bulles étroites, faibles, Vz 0,1m/s difficiles à centrer entre 13 et 14h. Après 14h : 6 mises en l’air au sandow à 90m 2 montées à 150m dans belle Vz entre 0,3 et 1m/s.
Ce jour là l’expérience a montré que selon l’opportunité on n’est jamais à l’abri d’un bon vol, la qualité des tremplins à bulle est toujours un plus.



4 commentaires
Et le fil de laine électronique ? En vol à vue ce serait intéressant car le vol dérapé est la principale maladie du pilotage, Je serais curieux de connaître sa position en spirale comme en ligne droite car sa position révèle la qualité du pilotage. Un électronicien peut le monter en bidouillant un accéléromètre, et les gyroscopes que je me refuse encore d’utiliser en assistance au pilotage pourraient-ils avoir une « fonction Bille » ?
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On peut avoir un contrĂ´leur de vol (qui inclus gyro, accĂ©lĂ©romètre, tĂ©lĂ©mĂ©trie) installĂ© tout en pilotant directement, c’est mon cas. L’avantage est que l’on peut analyser ses vols (en diffĂ©rĂ© avec les logs) et avoir en temps rĂ©el avec un peu de bidouillage le fil de laine, bille… et des fonctions type GPS triangle
C’est un petit boitier de plus mais indĂ©pendant du rĂ©cepteur, celĂ ouvre d’autres possibilitĂ©s
A suivre pour qui est intéressé
Bonjour Campos,
Tu écris « On peut avoir un contrôleur de vol (qui inclus gyro, accéléromètre, télémétrie) installé tout en pilotant … »
Peux-tu nous proposer un article sur le sujet de la bille et plus largement des assistances au pilotage ? A publier bien sur dans la bibliothèque ?
Merci !
Bonsoir
Andre R, je prépare un article
👍